L'histoire

La Guerre d’Hiver

Le 23 août 1939, fut annoncée la signature du pacte germano-soviétique entre Molotov et Ribbentrop. Dans le cadre de ce pacte, Staline et Hitler se divisaient l’Europe de l’Est en sphères d’influence. Les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) furent annexés peu après par l’Union Soviétique tandis que la Pologne fut attaquée puis occupée par l’URSS et l’Allemagne.
Les dirigeants finlandais ne se soumirent pas aux exigences de l’URSS lorsque celle-ci annonça ses prétentions sur les territoires frontaliers ainsi que sur une place forte de la côte sud du pays. La Finlande avait pour elle le droit et la morale, et le gouvernement finlandais fit tout pour protéger sa neutralité et l’intégrité de son territoire.
Dans la matinée du 30 novembre 1939, l’URSS attaqua la Finlande. La Guerre d’Hiver avait commencé. L’essentiel de l’offensive soviétiqufe se concentra sur l’isthme de Carélie, qui devint le théâtre d’opérations majeur de la guerre. Les armées soviétiques, qui étaient supérieures en nombre et mieux équipées, pilonnèrent sans interruption les défenses finlandaises sur ce qui fut la ligne Mannerheim.
La ligne Mannerheim était considérée par les stratèges soviétiques comme invincible, mais elle n’était en réalité qu’un alignement irrégulier de défenses fortifiées obsolètes. La puissance réelle de la ligne de défense reposait en fait essentiellement sur le courage des troupes du Maréchal Mannerheim et leur incroyable abnégation, le « SISU », ainsi que l’appellent les finlandais.
Si l’Isthme de Carélie subit un déluge de feu unilatéral de la part des soviétiques, de violentes batailles eurent lieu en revanche dans les vastes espaces sauvages du nord, autour du lac Ladoga et dans la région de Lapland. Les troupes mécanisées soviétiques se retrouvèrent en effet littéralement bloquées dans la neige profonde et le froid glacial. Cette situation fut exploitée par les finlandais, qui skièrent à travers les étendues sauvages, coupèrent les lignes de ravitaillement soviétiques et réussirent à isoler leurs différentes unités. Les soviétiques furent alors obligés d’établir des défenses sous-terraines, appelées «mottin». Ainsi repliés sur leurs bases, ils résistèrent férocement mais passivement, harcelés en permanence par l’artillerie finlandaise et l’infanterie légère à ski.

©Service Photo des armées finlandaises

Début Février, l’Armée Rouge entama alors une offensive décisive sur l’isthme de Carélie. Trois divisions soviétiques se lancèrent à l’assaut d’une division Finlandaise épuisée. Elles disposaient d’une artillerie six fois plus importante que les finlandais. L’artillerie et l’aviation pilonnèrent alors les positions finlandaises, et notamment le village de Summa, où les troupes finlandaises avaient réussi à repousser l’ennemi pendant deux semaines. Lorsque la principale ligne de défense finit par céder dans la secteur de Lähde, les finlandais se replièrent progressivement jusqu’à leurs lignes arrières situées à Viborg-Vuokse.
Après 105 jours de résistance, la Finlande fut contrainte à l’armistice. Et selon les termes du traité de paix, la Finlande dut céder, entre autres, l’isthme de Carélie ainsi que 10% environ de son territoire à l’URSS. Par ailleurs, l’URSS exigea l’usage de la péninsule de Hanko, au sud-ouest de la Finlande, pendant une période de trente ans.
Cette guerre coûta la vie à 27.000 soldats finlandais et 45.000 autres furent blessés.

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La Guerre de Continuation

En 1940, la guerre en Europe commença à prendre une tournure mondiale. L’Allemagne mit en effet rapidement en déroute le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. La machine de guerre qu’était la « Blitzkrieg » permit de soumettre en quelques semaines des zones pour lesquelles des millions de soldats s’étaient battus et avaient péri durant la première guerre mondiale. Pour conserver l’initiative début 1941, les forces allemandes intervinrent pour aider les troupes italiennes que Mussolini avait envoyées dans les Balkans et en Afrique du Nord. L’explosion était imminente et tandis que le monde retenait son souffle, la matinée du 22 juin 1941, l’Allemagne et ses alliés attaquèrent l’URSS sur un front s’étendant de l’Arctique à la Mer Noire.
Alors que les troupes et l’aviation allemandes opéraient depuis la Finlande dans les tout premiers jours l’offensive connue sous le nom d’ « Opération Barbarossa », la Finlande souhaitait demeurer à l’écart. En revanche, après le bombardement de Helsinki et de deux autres villes par l’aviation soviétique, la Finlande ne put que déclarer la guerre à l’URSS. La Guerre de Continuation venait de commencer.
Après que la Finlande eût libéré Hanko et reconquis son territoire fin 1941 (notamment la Carélie et la région d’Aunus), puis pénétré avec les armées allemandes jusqu’à la Mer Blanche, ses objectifs stratégiques étaient atteints. De là, commença une guerre de tranchée pour l’armée finlandaise, à l’encontre de la volonté allemande de poursuivre l’offensive.

©Service Photo des armées finlandaises

La guerre de continuation dura ainsi jusqu’à l’automne 1944, après de violents combats dans l’isthme de Carélie, où les victoires finlandaises sur l’armée soviétique permirent à ce pays de gagner son avenir en tant que nation libre et indépendante.
Cependant, après leur guerre aux côtés des allemands durant trois ans, les finlandais furent obligés de retourner leurs armes contre leurs anciens alliés pour les évincer du pays. Pendant leur retraite de Norvège, les allemands répliquèrent en brûlant et en dévastant une grande partie du Lapland. Et les dernières troupes allemandes ne furent chassées qu’en avril 1945.
La guerre de continuation se solda par la mort de 63.000 soldats finlandais, tandis que 160.000 furent blessés.

L’engagement des volontaires suédois aux côtés de la Finlande (1939-1944)

Pendant la Guerre d’Hiver, un corps de volontaires suédois fut formé, auquel se joignirent plus de 12.000 soldats (comprenant également 700 Norvégiens). 8000 d’entre eux partirent finalement en Finlande. Plus de la moitié de ces hommes se portèrent au front dès la fin février 1940, en particulier à l’ouest du village de Märkäjärvi, où se dresse l’actuelle ville de Salla. Mais leur lutte fut brève, puisque le traité de paix avec l’URSS fut signé à peine deux semaines après leur prise de responsabilité dans cette zone. En sus de cette unité de combat, il y eut aussi des volontaires suédois incorporés dans certaines unités d’artillerie et de défense aérienne. Et pour finir, au delà de l’assistance militaire, la Suède procura également une aide économique et humanitaire, tant de la part de la sphère publique que des intérêts privés. La mobilisation de la Suède au slogan « la Finlande est notre problème » fut très large.

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Pendant la guerre d’hiver, la Suède avait unanimement soutenu la Finlande, mais en 1941 la situation avait changé. La Finlande avait conclu un accord pour se procurer des armes avec l’Allemagne, une nation qui avait attaqué et occupait désormais une grande partie de l’Europe occidentale ainsi que le Danemark et la Norvège.
L’élan de sympathie pour la Finlande s’était donc amoindri tant au niveau de l’opinion publique suédoise que de son gouvernement. Au sein même des associations de vétérans suédois ayant participé à la guerre d’hiver, les opinions étaient tranchées. Malgré cela, près de mille suédois se portèrent volontaires et constituèrent un bataillon qui participa au siège de Hanko, alors tenu par les soviétiques. Après la prise de Hanko en décembre 1941, le bataillon fut dissolu. Mais la guerre étant loin d’être terminée, 400 d’entre eux reformèrent la « compagnie des volontaires suédois », et furent déployés le long de la rivière Jandeba sur le front de Svir, où ils participèrent à la guerre de tranchée jusqu’au printemps 1944. Après cette date, ils débarquèrent sur l’isthme de Carélie, ou ils prirent part à des combats très violents pour repousser les soviétiques et ce jusqu’à la fin de la guerre, le 4 septembre 1944. Cette guerre coûta la vie à plus de 130 suédois.

Nicolas von Schmidt-Laussitz et l’association des invalides de guerre de Finlande